Comment réenchanter votre job ?

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Ras-le-bol du boulot, de votre boss, du sempiternel métro-boulot-dodo ? Et pourtant, vous n’avez pas le courage de changer. Quelques conseils pour tout changer… sans rien changer.

« Marre de mon boulot. De mon boss. Assez des horaires infernaux, des réunions qui démarrent à 19 heures…Et puis j’ai fait le tour de la question. » Qui n’a pas eu, un jour, le blues du travail ? L’an dernier pourtant, à la même époque, vous vous étiez promis que vous chercheriez ailleurs. Mais vous avez laissé passer la rentrée. Trop tard. Et la conjoncture n’est pas idéale. Alors, c’est reparti pour un an de galère ? Non ! Car, heureusement, on peut changer son quotidien sans changer de job. On peut retrouver du plaisir là où tout semblait noir.

Pour réenchanter son travail, pas besoin d’être magicien.
Commencez par être honnête avec vous-même. Reconnaissez que, oui, quand le réveil sonne, on aimerait mieux rester couché.
Dans notre société de super cadres dynamiques et motivés, le constat n’est pas très flatteur pour l’ego. Pourtant rassurez-vous, rien de plus naturel. Notre motivation au bureau suit un cycle, explique Claudine Catry, consultante à la Cegos (conseil et formation en entreprise et auteur de plusieurs ouvrages de management chez ESF). "On commence par découvrir son poste. Puis on le maîtrise et on gagne la confiance de ses supérieurs. Vient alors l’impression de ne plus apprendre et de s’ennuyer". Qui n’a jamais eu l’impression, un jour, d’avoir fait le tour de son job… de ne plus rien apprendre. "Paradoxalement, c’est quand on prend conscience qu’on en a marre qu’on peut continuer dans le même job", explique d'ailleurs Dominique, une coach parisienne.
Bref, regardez votre ras-le-bol comme un début et non comme une fin : une première étape pour reprendre la situation en main… Après ce constat, reste à identifier les raisons de ce terrible ennui professionnel. Pour vous, c’est la faute de ce patron inconstant, de ce collègue arriviste, de votre rémunération insuffisante. A chacun ses récriminations, tout peut être sujet à désenchantement.
"Posez-vous franchement la question : est-ce le boulot qui ne va pas, l’environnement ou ma vie ? On a toujours tendance à mettre son ras-le-bol sur le dos des autres", constate Lucrecia Reams, directrice d’un centre de soins. Ensuite, dans votre travail, isolez ce qui va de ce qui ne va pas. « Depuis que j’ai décidé de voir les côtés positifs du travail, je suis moins malheureuse au bureau », affirme cette éternelle insatisfaisante qui, autrefois, changeait de boulot tous les trois ans. "Pour décoder ce qui relève du ressenti personnel ou de la réalité objective, mieux vaut faire le point avec un ami, un collègue ou un coach spécialisé dans l’accompagnement des cadres ", conseille Béatrice Abeille Robin, psychologue clinicienne et psychothérapeute.

Pour Bruno Jarrosson, conseiller stratégique et auteur d’ouvrages philosophiques, « tout travail est à la fois œuvre et contrainte ». Mais si la dimension contraignante du travail – du latin « tripalium », nom d’un instrument de torture – est impossible à supprimer, chacun a le choix de la subir ou non. « Quand, à l’armée, je devais me lever à 5 heures, je détestais ça. Quand je le fais aujourd’hui parce que j’ai accepté de donner une conférence à Saint-Etienne, je n’y pense même pas », observe le consultant. Assumer les contraintes les empêche de vous gâcher la vie. Certes, vous n’avez pas choisi les WC mixtes ou la machine à café toujours en panne. Mais vous pouvez considérer qu’elles sont des contreparties du travail que vous avez choisi. Désormais, Lucrecia Reams ne se laisse plus déprimer par les tâches administratives qu’elle déteste. « Tous les matins, je les expédie en une heure. Ensuite, je suis tranquille pour la journée. » Redoutablement efficace pour faire échec aux désagréments quotidiens, une nouvelle organisation permet de rompre avec la monotonie. «La routine vient de la répétition. Au contraire, la vie est faite de différentiel, de diversité», explique Dominique. S’acheter de nouveaux accessoires de travail, décorer son bureau avec des objets personnels, déjeuner avec les collègues que l’on fuit sont déjà des moyens de s’oxygéner. « Vous pouvez aussi modifier facilement votre méthode de travail en partageant à plusieurs une tâche que vous faisiez seul. Ou en insérant volontairement des touches d’humour », suggère Claudine Catry.
Tous les moyens sont bons pour enrichir le contenu de son job. « A un certain niveau, on est responsable de son poste. A nous de le réinventer sans attendre que notre boss le fasse pour nous », insiste Béatrice Abeille Robin. Redéfinir les contours de ses tâches, prendre des initiatives, se saisir des responsabilités non attribuées ou gagner de nouvelles compétences par de la formation continue par exemple.

A LIRE :
- Exercez votre autorité avec diplomatie, de Claudine Catry et Jean-louis Muller, Collection Guides CEGOS, 192 pages, 22 €
- Conseil d'indiscipline, de Bruno Jarrosson, ed. Descartes Et Cie, 18 €