Polémique autour des illuminations de Noël…
Chaque année, les rues de nos villes et de nos villages s’illuminent au moment des fêtes de fin d’année. Quand la nuit tombe, guirlandes de lumières, décorations et autres lumignons scintillent, pendant plus d’un mois d’affilié. C’est ce qu’on appelle la « magie de Noël »… Or, ces illuminations entrainent un gaspillage énergétique énorme. Certaines fonctionnent non-stop, 24h/24h alors que la demande électrique de l’hiver contraint la France à recourir à de vieilles centrales, celles qui utilisent du charbon et du pétrole, combustibles aux forts rejets de carbone ! Du coup, des ONG tapent du poing sur la table. Agir pour l’Environnement, Réseau Action Climat, Sortir du Nucléaire ou encore l’Association Nationale de la Protection du Ciel et de l’Environnement Nocturne se sont regroupées derrière la campagne « Illuminations de Noël : le grand gaspillage ! » afin de sensibiliser les mairies aux excès de dépenses d’énergie. Pas question pour autant de tout refuser en bloc, et de demander la suppression de toutes les décorations lumineuses, mais plutôt de proposer des alternatives : limiter l’éclairage dans le temps et utiliser des ampoules de basse consommation (diodes électroluminescentes, les fameuses LED, par exemple).
Pour la première fois cette année, la ville d’Aubagne éclaire à 70% ses rues grâce à ces diodes économes. "Non seulement, elles consomment moins, 0,5watt contre 15 aux anciennes lampes, mais elles ont aussi une durée de vie plus longue, 3 ans en moyenne », explique Jean-Michel Aimar, en charge du dossier aux services techniques de la ville. A Paris, la disparition de l’éclairage classique se fera progressivement, indique Jean-Pierre Maquair, directeur artistique et technique de Paris illumine Paris. « La volonté de la Mairie de Paris, qui subventionne l’opération à hauteur de 30 à 50% du budget dédié par chaque association de commerçants participante, nous a permis d’imposer une réduction d’énergie d’environ 80%, grâce à l’emploi de diodes. » Pour les ONG, il est en tout cas urgent de réaliser que « ces illuminations sont aux décorations de Noël ce que les 4x4 sont à l’automobile, une façon de briller en société mais qui débouche sur une éclipse partielle de notre lucidité écologique ». Sans oublier que l’augmentation de la lumière artificielle durant ces dix dernières années, en provoquant une continuité quasi permanente entre le jour et la nuit, a eu une conséquence grave : la diminution des populations d’oiseaux et d’insectes nocturnes, perturbés dans leur rythme biologique.
