Spermatozoïdes en danger d’extinction…
La production de spermatozoïdes a diminué de 50% en 50 ans dans les pays industrialisés. L’homme parisien produit 40% de moins de spermatozoïdes qu’il y a 20 ans !
C’est désormais une réalité scientifique : les hommes sont moins fertiles qu’autrefois. Et histoire d’en remettre une petite couche, la qualité du produit a nettement baissé, tandis que le nombre de cancers du testicule connaît une hausse vertigineuse. Au Danemark, leader en la matière : + 400% en l’espace de soixante ans. La cause principale de ce chaos annoncé : la pollution. Nous sommes entourés d’une multitude de substances chimiques (PCB, DDT, phtalates…), présentes dans les pesticides, les emballages plastiques, les boîtes de conserves…, et qui nuisent gravement à la production de spermatozoïdes. Au banc des accusés donc, les industries chimiques, puissant lobby industriel qui met sur le marché ces produits mais surtout empêche que l’on s’attaque à un sujet encore tabou.
Mais ces dérèglements de l’appareil (re)producteur masculin ne sont pas dus qu’aux pesticides. Il faut compter aussi sur la chaleur qui augmente la température du scrotum et réduit de ce fait la vitalité des spermatozoïdes. Des études ont démontré que la chaleur dégagée par les ordinateurs portables posés sur les genoux diminue la fertilité. Le sperme préfère être au frais. On dit même que les hommes qui portent des caleçons sont plus fertiles que ceux qui arborent des slips ! Le tabac peut également provoquer la destruction plus ou moins irréversible de la production de spermes. Enfin, les traumatismes liés à la pratique excessive du vélo et de l’équitation ne sont pas à négliger…
A cette diminution de la fertilité masculine s’ajoute un autre problème d’ordre cette fois biologique : la possible disparition du chromosome Y dans les siècles à venir. En d’autres termes, "l’avenir n’est pas rose…ou plutôt, il l’est trop !" pour reprendre les termes du docteur Jean-François Lemoine. Nous irions tout droit vers une "féminisation du monde".
Devant ces nombreuses inquiétudes, la secrétaire d’Etat chargée de l’Ecologie, Nathalie Kosciusko-Morizet, a piloté un colloque intitulé «Environnement chimique, reproduction et développement de l’enfant». L’occasion selon elle de "sortir les chercheurs de leur solitude et d'accélérer le financement de la recherche sur ce sujet". "C'est un écho au travail du Grenelle, où on a décidé par exemple de réduire de 50% l'utilisation des pesticides d'ici 2018, mais aussi de retirer les 50 molécules les plus dangereuses, a-t-elle ajouté. Pour la secrétaire d’Etat, cela doit s’accompagner aussi de gestes simples : éviter dans les maisons les désodorisants d’intérieur, utiliser des produits ménagers écologiques et des produits cosmétiques bio, sans phtalates ni parabens. "Sans attendre les certitudes scientifiques, il faut une mobilisation personnelle pour se protéger". Il y va de notre système reproductif.
Naïké Desquesnes
Le don de spermes : un geste qui sauve

Lorsque l’homme souffre d’infertilité ou de troubles de son appareil productif, la seule solution : avoir recours au don de spermatozoïdes. Mais voilà, le geste est encore un sujet délicat pour les hommes : la masturbation, dans un cadre médical, n’est pas quelque chose de facile à envisager. Du coup, les donneurs sont actuellement très insuffisants : 248 hommes ont donné en 2006 leur sperme alors qu’il en aurait fallu le double pour répondre au besoin de 2 837 couples inscrits pour un don. En France, plus de 30.000 enfants sont nés grâce au don de spermatozoïdes. En 2006, il a permis 1 122 naissances.
Plus d’informations : http://www.dondespermatozoides.fr, ou un numéro vert : 08 00 54 15 41
En France, le don de sperme est basé sur le volontariat, l’anonymat et la gratuité. Ce n’est pas toujours le cas chez nos voisins européens. Les Pays-Bas et la Grande Bretagne ont refusé le principe de l’anonymat. A l’âge de 18 ans, les enfants conçus après avril 2005 en Grande Bretagne pourront demander l’identité de leur père biologique. Dans d’autres pays, les donneurs reçoivent une petite somme d’argent en échange de leurs vaillants spermatozoïdes. Au Danemark, les banques de sperme autorise le versement d’une « compensation financière » - la « rémunération » reste interdite – d’environ 35 euros par don.

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